Tu touches ton relevé de pension et quelque chose cloche : la complémentaire n’a pas bougé. Pendant ce temps, la retraite de base a progressé de 2,2 % en 2025, puis de 0,9 % en 2026. La revalorisation des retraites Agirc-Arrco, elle, est gelée depuis novembre 2024 — et ce n’est pas un accident de calendrier.
Derrière ce gel, un bras de fer entre syndicats et patronat. Un régime assis sur 91 milliards de réserves qui refuse pourtant d’augmenter les pensions. Des recours judiciaires en cours. Et des millions de retraités qui absorbent la perte sans régularisation prévue.
Tu sauras exactement ce que ce gel te coûte en euros réels, pourquoi les négociations ont échoué, ce que les tribunaux pourraient changer — et ce que tu peux faire dès maintenant pour limiter l’impact.
Cet article en bref
- Le gel 2026 résulte d’un blocage paritaire, pas d’une contrainte financière.
- La valeur du point reste bloquée à 1,4386 € jusqu’au 31 octobre 2026.
- Les mois gelés ne feront l’objet d’aucun rattrapage rétroactif.
- CGT et CFE-CGC ont saisi le tribunal judiciaire de Paris pour faire plier le patronat.
- Prochaine décision : novembre 2026, avec une revalorisation estimée entre 1,2 % et 2 %.
Gel des retraites Agirc-Arrco 2026 : comment on en est arrivé là

Le premier gel depuis la fusion des régimes en 2019 : voilà ce que représente la décision de maintenir la valeur du point Agirc-Arrco à 1,4386 € jusqu’au 31 octobre 2026. Ce n’est pas un accident de calendrier, ni une conséquence mécanique de la conjoncture économique. C’est le résultat direct d’un blocage politique entre partenaires sociaux.
Comprendre ce gel impose de revenir sur la formule de revalorisation issue de l’accord national interprofessionnel signé en octobre 2023. Ce texte prévoit que la valeur de service du point évolue chaque 1er novembre selon l’inflation hors tabac, diminuée d’un facteur de soutenabilité de 0,40 point. Une marge d’ajustement de ±0,40 point peut être activée par les négociateurs. En clair : si l’inflation recule, le gel devient mathématiquement possible sans trahir la lettre de l’accord.
À l’automne 2025, les positions se sont crispées. Les syndicats poussaient pour une hausse sensible des pensions, invoquant l’érosion du pouvoir d’achat des retraités. Le patronat, lui, privilégiait la prudence financière et la préservation des réserves du régime. Aucun compromis n’a émergé entre les deux camps lors des négociations entre partenaires sociaux. Résultat : une impasse totale.
Le calendrier est net. Octobre 2025 : les négociations échouent. Novembre 2025 : faute d’accord sur une revalorisation, le conseil d’administration du régime acte le gel des pensions par défaut. La valeur du point Agirc-Arrco reste donc bloquée à son niveau de novembre 2024. Prochaine fenêtre de révision : novembre 2026. D’ici là, surveille les positions syndicales et patronales pour anticiper la suite.
À quoi sert vraiment la valeur du point et comment elle impacte votre pension
La mécanique est simple. La pension complémentaire brute se calcule ainsi : nombre de points accumulés multiplié par la valeur de service du point. Avec 5 000 points et une valeur fixée à 1,4386 €, la pension brute annuelle atteint 7 193 €, soit environ 599 € par mois. Pas de mystère dans le calcul retraite Agirc-Arrco.
Ce chiffre pèse lourd dans le budget global d’un retraité. La pension complémentaire représente en moyenne 552 € par mois, soit environ un tiers d’une pension totale de 1 760 € tous régimes confondus. Pour un cadre ou un indépendant qui a cotisé longtemps au régime supérieur, ce ratio peut grimper à 40 % du revenu total. Gel de la valeur de service du point = gel d’une part significative du revenu.
| Nombre de points | Valeur du point (€) | Pension brute annuelle (€) |
|---|---|---|
| 3 000 | 1,4386 | 4 315,80 |
| 5 000 | 1,4386 | 7 193,00 |
| 8 000 | 1,4386 | 11 508,80 |
La pension brute n’est pas la pension nette. Des prélèvements sociaux — CSG et CRDS — s’appliquent selon le revenu fiscal de référence du foyer. Le taux varie de 4,3 % à 10,1 % selon le palier. Concrètement : avec 5 000 points, la pension nette oscille entre 539 € et 574 € par mois selon ta situation fiscale. Les seuils de ces paliers ont été revalorisés de 1,8 % en 2026.
Connaître ton nombre de points précis te permet d’évaluer l’impact exact du gel sur ton budget. Si tu envisages une retraite anticipée, ce calcul devient encore plus déterminant : moins d’années de cotisation, moins de points, et une valeur bloquée. Consulte ton relevé de points sur le portail officiel Agirc-Arrco avant de prendre toute décision.
Gel vs revalorisation : ce que gèle vraiment coûte en euros réels
11 mois sans revalorisation, ça ressemble à rien sur le papier. En pratique, c’est de l’argent qui ne rentre pas. La pension Agirc-Arrco n’a pas bougé depuis novembre 2024, pendant que la retraite de base gagnait +2,2 % en janvier 2025, puis +0,9 % en janvier 2026. Ce décalage entre les deux régimes crée un effet ciseau immédiat sur les revenus des retraités.
Autrement dit : d’un côté, une pension de base qui progresse. De l’autre, une complémentaire gelée jusqu’en octobre. Sur 14 millions de bénéficiaires, le manque à gagner cumulé se chiffre en milliards. Chaque mois d’inflation sans hausse de pension, c’est une perte sèche de pouvoir d’achat.
Concrètement, 11 mois d’inflation sans hausse de pension = perte de pouvoir d’achat immédiate, avec aucune régularisation prévue.
Voici l’impact mensuel estimé selon trois scénarios de revalorisation, sur une pension complémentaire moyenne de 552 € par mois :
| Scénario de revalorisation | Gain mensuel sur 552 € | Perte annuelle pendant le gel (1,6 % d’inflation) |
|---|---|---|
| 1,2 % | + 6,62 € | ≈ 97 € |
| 1,6 % (référence) | + 8,83 € | ≈ 106 € |
| 2 % | + 11,04 € | ≈ 115 € |
Sur une pension complémentaire de 1 200 € par mois, une revalorisation de 1,4 % représente 16,80 € supplémentaires chaque mois, soit un peu plus de 200 € sur l’année. C’est concret — mais ça ne compense pas les mois de gel déjà écoulés. Les mois perdus ne font l’objet d’aucune régularisation rétroactive.
Les mois gelés sont définitivement perdus. Aucun rattrapage n’est prévu dans les textes actuels. Regarde l’impact réel sur ta situation : si la complémentaire représente une part importante de tes revenus futurs, anticipe ce manque dans tes projections de retraite.
Syndicats vs patronat : le bras de fer qui a gelé vos pensions
Le régime Agirc-Arrco affiche 91 milliards d’euros de réserves à fin 2025. Pourtant, les pensions n’ont pas été revalorisées depuis novembre 2024. La question s’impose : pourquoi geler les pensions quand la caisse est pleine ?
La réponse du patronat tient en un mot : prudence. L’argument central avancé par les organisations d’employeurs : la suspension de la réforme des retraites de 2023 maintient des départs anticipés en activité. Résultat, les dépenses futures du régime pourraient s’alourdir. Le patronat choisit de préserver les réserves aujourd’hui, quitte à éroder le pouvoir d’achat des retraités actuels.
Les syndicats ne l’entendent pas de cette oreille. La CGT et la CFE-CGC rappellent que le préambule de l’accord national interprofessionnel (ANI) engage explicitement les signataires à préserver le pouvoir d’achat des pensions. Ces mêmes réserves, 91 milliards d’euros, étaient présentées comme le socle qui rendait cet engagement possible. Pour Force Ouvrière, le refus du patronat constitue un transfert implicite de richesse vers l’équilibre financier futur, au détriment des retraités d’aujourd’hui.
| Acteur | Argument principal | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Patronat | Préserver les réserves face aux risques de dépenses futures liées aux départs anticipés | Gel des pensions complémentaires depuis novembre 2024 |
| Syndicats (CGT, CFE-CGC, FO) | Les réserves (91 Md€) permettent la revalorisation promise dans l’ANI | Recours juridiques et pression pour un vote en conseil d’administration |
Ces 91 milliards font précisément foirer les négociations. Les syndicats les brandissent comme preuve que le gel est un choix politique, pas une contrainte financière. Le patronat y voit un coussin à ne pas entamer trop vite. Ce n’est pas un débat économique abstrait : c’est une question de qui supporte le risque — les retraités aujourd’hui, ou le régime demain. 💡
Suis l’évolution du dialogue social Agirc-Arrco d’ici octobre 2025 : c’est à cette date que la prochaine revalorisation sera tranchée, ou non.
Prochaine décision en novembre 2026 : scénarios et calendrier
Les négociations reprennent en septembre 2026. Le verdict tombe en novembre. Si tu attends une hausse de ta pension complémentaire, c’est cette séquence qui compte — pas les annonces intermédiaires, pas les déclarations syndicales. Seul le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco a le dernier mot sur la revalorisation novembre 2026.
La fourchette envisagée se situe entre 1,2 % et 2 %. Tout dépend des chiffres d’inflation hors tabac publiés à l’été 2026. Si l’inflation annuelle atteint 2 %, la hausse pourrait se rapprocher du haut de la fourchette. En dessous, le taux sera ajusté. Aucun chiffre officiel ne sera arrêté avant la décision du conseil d’administration.
- Septembre 2026 — Reprise des négociations paritaires entre syndicats et patronat.
- Mi-octobre 2026 — Le conseil d’administration annonce sa position sur le taux.
- 1er novembre 2026 — Application effective de la revalorisation sur le point Agirc-Arrco.
- Décembre 2026 — La hausse apparaît sur ton virement (qui correspond à la pension de novembre).
Trois scénarios sont sur la table. À 1,2 %, tu récupères le minimum : quelques euros supplémentaires sur une pension moyenne. À 1,6 %, base de référence cohérente avec le ralentissement de l’inflation observé depuis 2023, le gain devient plus lisible. À 2 %, scénario optimiste, l’impact est réel sur douze mois cumulés. Concrètement, sur une pension complémentaire de 800 €/mois, 1,6 % représente 12,80 € de plus chaque mois, soit 153,60 € sur l’année.
Une chose est acquise : il n’y aura pas de rattrapage pour la période novembre 2025 – octobre 2026. Le gel décidé en octobre 2025 restera sans compensation. Les mois sans revalorisation ne seront pas « remboursés » sur les mois suivants.
À retenir : il n’y aura pas de rattrapage automatique pour le gel 2025-2026. Les mois gelés ne seront jamais « remboursés ».
Retiens cette date : novembre 2026. C’est le seul moment où les choses peuvent changer. D’ici là, surveille les publications d’inflation de l’été et les annonces du conseil d’administration en octobre.
Recours judiciaires en cours : et si les syndicats gagnaient ?

En juillet 2026, après quatre réunions de négociation restées sans issue, la CGT et la CFE-CGC ont saisi le tribunal judiciaire de Paris. La cible : le gel de la valeur du point Agirc-Arrco décidé en octobre 2025. Deux organisations aux profils très différents, mais unies sur ce dossier. C’est rare, et ça pèse.
L’enjeu juridique est précis. L’accord national interprofessionnel de 2023 prévoyait une formule de revalorisation explicite. Pas un gel. En refusant d’appliquer cette formule, les organisations patronales auraient, selon les syndicats, violé un texte qu’elles avaient elles-mêmes signé. Denis Gravouil, négociateur CGT, résume : « On assigne le patronat devant le tribunal judiciaire pour non-respect de l’accord de l’Agirc-Arrco de 2023. »
Ce que les syndicats demandent est concret : au minimum 0,2 % de revalorisation rétroactive, voire une revalorisation rétroactive couvrant l’ensemble de la période gelée. Autrement dit, si le tribunal leur donne raison, les retraités pourraient recevoir un rattrapage sur les mois concernés. Une victoire judiciaire pourrait forcer une revalorisation globale que les négociations paritaires n’ont pas réussi à produire.
Aucun jugement n’est attendu avant la fin 2026 au plus tôt. La procédure suit son cours, les résultats ne sont pas garantis. Ce recours judiciaire reste une bataille en cours — ni victoire annoncée, ni défaite certaine. Garde un œil sur les audiences : une décision favorable changerait significativement le calcul pour les retraités touchés par le gel.
Compenser le gel : ce que tu peux faire dès maintenant
Le gel de la revalorisation des retraites Agirc-Arrco pèse concrètement sur le budget. Pas de catastrophisme, mais pas d’illusion non plus : une pension complémentaire qui stagne, c’est du pouvoir d’achat perdu face à l’inflation. Plusieurs leviers existent pour limiter l’impact sans attendre novembre 2026.
Voici quatre axes à activer sans délai pour ta gestion financière :
- Ajuster ton budget dès janvier : retire mentalement la hausse de 0,9% que tu anticipais peut-être. Ne compte que sur ta retraite de base et construis ton budget retraite sur ce montant réel, point Agirc-Arrco gelé à 1,4386 €.
- Vérifier l’abattement fiscal sur les pensions : ce dispositif réduit automatiquement l’assiette imposable pour les revenus 2025 déclarés en 2026. Il reste en vigueur. Beaucoup de retraités l’ignorent — c’est pourtant l’un des rares points positifs du contexte fiscal actuel.
- Explorer le cumul emploi-retraite : après 62 ans, une activité partielle reste autorisée et peut générer des revenus complémentaires significatifs sans remettre en cause tes droits à pension.
- Renégocier tes contrats bancaires et mutuelle : une année de gel est l’occasion de passer en revue tes frais fixes. Quelques dizaines d’euros économisés par mois compensent partiellement le manque à gagner.
Anticipe dès septembre 2026. Les négociations paritaires reprennent à cette date, avec une revalorisation estimée entre 1,2% et 2% pour novembre 2026. Intègre cette fourchette dans ta projection budgétaire — prudemment, côté bas — pour retrouver une marge de manœuvre dès décembre 2026.
FAQ
Quand aura lieu la prochaine augmentation des retraites Agirc-Arrco ?
La prochaine décision est attendue le 1er novembre 2026. Les négociations paritaires reprennent en septembre 2026. Si l’inflation suit les prévisions, la revalorisation pourrait se situer entre 1,2% et 2%. Surveille les annonces dès la rentrée.
Quel est le montant exact du point Agirc-Arrco 2026 ?
Le point Agirc-Arrco est gelé à 1,4386 € depuis novembre 2025. Ce montant reste inchangé jusqu’au 31 octobre 2026. La décision de révision appartient au conseil d’administration, dont le prochain rendez-vous est fixé à novembre 2026.
Pourquoi ma retraite complémentaire n’augmente pas en 2026 ?
Les négociations paritaires d’octobre 2025 ont échoué. Syndicats et patronat n’ont pas trouvé d’accord sur le taux de revalorisation. Résultat : un gel par défaut s’applique automatiquement, faute de décision commune sur la valeur du point.
Comment calculer le montant de ma pension avec mes points Agirc-Arrco ?
Multiplie ton nombre de points — visible sur ton relevé de situation individuelle — par 1,4386 €. Tu obtiens ta pension brute annuelle. Déduis ensuite les prélèvements sociaux (CSG/CRDS), dont le taux varie selon ton revenu fiscal de référence.
À quelle date je recevrai ma retraite complémentaire en 2026 ?
Les versements Agirc-Arrco tombent le premier jour ouvré de chaque mois. Si une revalorisation est décidée le 1er novembre 2026, elle s’applique sur le virement de décembre 2026. Vérifie ton calendrier de versements sur ton espace personnel en ligne.
